• Mali – Gouvernement : Silence dans les rangs

    Le Président Ibrahim Boubacar Keita a des raisons de s’agacer actuellement.

    Il y aurait comme de l’indiscipline dans la troupe, certains ministres se permettant de critiquer les interventions de son grand chambellan, à l’image du Ministre Mohamed Aly Bathily qui s’en ai pris violemment à son gouvernement et à la démocratie Malienne pendant le meeting de l’association Dagakaané.

    Voici quelques phrases  célèbres du Ministre Bathily

     

    « Depuis 1992 la démocratie n’a servi à rien. Elle n’a installé que mensonge et gâchis »,

    « Les commandants, les juges et les gouverneurs ne disent pas la vérité. Là est le problème du Mali »

     

    Si pour certains, chacun doit rester à sa place afin que les vaches soient bien gardées, Je trouve que ces « réactions de la base » sont saines.

     

    Le président de la République est certes le patron, mais il s’appuie sur une majorité, dont il doit tenir compte.

    En formulant ces remarques, à mon sens pas bien méchantes, les députés et certains ministres jouent leur rôle de contre-pouvoirs.

     

    Certes, IBK n’aime pas ça, mais il va bien falloir qu’il s’y fasse, car il a mangé son pain blanc et ne peut plus tenir la boutique seul, à la seule force de ses petits bras musclés.

     

    Les sondages réalisés par maliactu.net sur les réseaux sociaux indiquent nettement que l’Etat de grâce est terminé, et que le temps est venu d’être un peu plus collégial.

     

    Et c’est très bien pour le fonctionnement démocratique du Mali !

     

    Séga DIARRAH

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  • Ecouter Ras Batch

    J’ai voulu savoir ce que dit réellement Ras Batch, et pas seulement les résumés médiatiques et les commentaires divers et variés. Je suis allé le rencontrer au carrefour des Jeunes.

    Ce que j’y ai appris ne m’a pas paru scandaleux ou sulfureux, bien au contraire. Ras Batch se conduit comme nous devrions tous le faire, en écoutant réellement ce qui est dit, directement à la source et sans intermédiaire.

    C’est une démarche à laquelle je souscris pleinement. Il se fait ensuite son opinion, approuvant ou désapprouvant les positions. Par contre, il ne partage pas sa vision sur la gouvernance de IBK. Pour autant, il est prêt à en discuter.

    Il est ainsi dans une position de dialogue, pas de compromission. On peut discuter, rencontrer des gens sans pour autant adhérer à leurs idées. C’est là le tour de force du mouvement des jeunes BI-TON également, que de faire croire que l’idélogie d’un tel regroupement ou personnage est contagieuse par contact physique. Il suffirait de serrer la main de Soumaila Cissé ou Tiébilé Dramé pour devenir un dangereux suppôt de Satan. A partir de là, tout dialogue avec le « pestiféré » est interdit.

    Comme Ras Batch a déjà été signalé comme pestiféré par les detracteurs, il ne risque plus rien. Il ne peut guère être davantage diabolisé !

    Mais combien d’autres n’osent pas, de peur de se trouver eux aussi cloués au pilori ?

    Je suis ouvert au dialogue, notamment sur ce blog et je ne censure jamais l’expression d’opinions (à partir du moment où on respecte les personnes et opinions des autres). Ce n’est pas pour autant que je suis en accord avec tous les commentaires. Le refus du dialogue et de l’écoute sincère de l’autre sont des attitudes anti-démocratiques qu’il faut dénoncer.

    Malheureusement, la chape de plomb médiatique est telle que la censure, la déformation et les amalgames l’emporteront encore longtemps sur l’échange et le dialogue.

    Espérons que les sites internet arriveront à relever davantage le niveau.

    Séga DIARRAH

  • Les guerres civiles commencent par des petites choses que les responsables politiques n’ont pas été en mesure de régler

    politicien-maliRégulièrement, certains commentateurs de maliactu.net et sur facebook s’acharnent à me critiquer sur un prétendu cynisme de ma part.

    c’est pourquoi une petite mise au point me semble nécessaire.

    J’ai une échelle de valeur qui m’est personnelle. Elle me va bien, mais je n’ai aucunement la prétention de la considérer comme universelle. Chacun voit midi à sa porte.

    Sur le fonctionnement de l’Etat et la vie politique, ce qui compte, c’est l’efficacité.

    Il ne faut jamais oublier que les politiques ont un boulot à accomplir : que la machine administrative fonctionne et qu’elle rende les services qu’on lui demande.

    Je n’ai pas l’obsession de la pureté (qu’elle soit morale ou démocratique). Les tripatouillages peuvent me gêner (souvent même), mais je m’en accommode tant que cela ne porte pas (trop) atteinte à la bonne marche de l’Etat.

    Oui certains de nos politiques n’ont pas toujours un comportement très « moral », mais si ce politique est efficace, que le service est bien rendu, ça excuse des choses (pas tout bien évidemment et notamment pas la corruption financière).

    Par contre, quand les « vices » risquent de porter atteinte à l’efficacité de l’action politique, je suis beaucoup moins indulgent. Encore faut il savoir où on met la barre, à partir de quand on peut considérer que le comportement et les attitudes de la personnalité politique font un tort réel à l’exercice de sa fonction.

    Et même là, je n’émet pas forcement de jugement moral. Je constate que vu la situation objective, il vaut mieux que la personne s’en aille car elle n’est plus à même de bien remplir sa fonction.

    J’ai cette position parce que j’ai conscience des dégâts que peut causer un mauvais fonctionnement de l’Etat. L’inefficacité des élus peut conduire au mieux à des gabegies, à de l’inefficacité. Passé un certain stade, la cohésion sociale peut être mise à mal.

    Les guerres civiles commencent comme ça, par des petites choses que les responsables politiques n’ont pas été en mesure de régler (qu’il ne l’ait pas pu ou pas voulu ne change pas grand chose).

    Des petites fractures deviennent des failles béantes. c’est comme dans un bâtiment. Si on ne fait pas les travaux de réparation tout de suite, les dégradations peuvent aller très vite et coûter bien plus cher.

    Malheureusement, c’est souvent après que l’on se rend compte qu’on y aurait gagné à prendre le problème plus en amont. Je ne suis pas prêt à accepter de sacrifier cela pour avoir des saints comme dirigeants. C’est un choix politique que je fais entre efficacité et « pureté ».

    J’ai aussi cette position car je m’efforce de ne pas juger les personnes.

    La perfection n’existe pas dans ce bas monde, et je me méfie des Saint-Just qui veulent que les autres soient à la hauteur de leurs exigences morales à eux.

    Que certains se regardent, sincèrement, et se demandent ce qu’ils feraient s’ils étaient dans la situation de deux qu’ils critiquent.

    Souvent, ils n’ont pas les éléments pour mener à bien cette introspection car ils n’ont jamais fait l’expérience de se trouver en situation de se laisser aller à la facilité et de devoir faire un effort pour résister et aller à contre-courant de ce qui se fait dans le milieu auquel ils appartiennent.

    Les exemples pullulent d’opposants très critiques et virulents, qui, une fois dans la place, font exactement la même chose que ceux qu’ils critiquaient ! C’est facile d’être pur quand on est pas en situation d’être tenté. C’est facile d’être un grand Résistant en temps de paix !

    J’ai enfin cette position car je ne me juge pas assez important pour devoir prendre sur moi l’avenir du Mali.

    Je ne suis pas grand chose, mon avis ne compte pas. Je ne vois donc pas pourquoi je passerais mon temps à avoir un avis définitif sur tout, à m’indigner à la chaine, à vouloir changer le monde.

    Car je sens bien que chez certains commentateurs, le problème est là. Je suis coupable de ne pas partager leurs indignations. Beaucoup de ceux qui se disent tolérants le sont en fait uniquement avec ceux qui partagent leurs opinions et qui ne dépassent pas certaines bornes parfois fort étroites.

    J’ajoute enfin que personne ne peut prétendre avoir toute l’information pour avoir une vision parfaitement juste des réalités. Parmi ceux qui critiquement, il y a malheureusement bien des gens qui n’ont vraiment pas toute l’information. Et le pire, c’est qu’ils ne cherchent pas à l’avoir cette information.

    Comprendre ne les intéressent pas. Ce qu’ils veulent, c’est donner leur avis et le voir triompher sur celui des autres. Pas vraiment mon optique sur maliactu.net, d’où certaines incompréhensions.

    séga DIARRAH

  • Je ne suis ni de l’opposition, ni de la majorité, mais de l’intérêt général

    sega!diarrahVisiblement, ça chauffe au Mali.

    Il est vrai que la situation y est assez préoccupante, avec un taux de chômage des jeunes le plus élévé de la sous région, et surtout, une récession assez forte depuis 2013 (croissance économique  pas suffisance face au taux de natalité), dont on ne voit pas le bout.

    Psychologiquement, c’est difficile à supporter pour un peuple qui a pu croire, pendant quelques années, qu’il était capable de devenir un « grand » économiquement, et rattraper enfin ce retard structurel sur la prospère Afrique de l’Ouest.

    Il n’y a pas qu’au Mali que la mauvaise gouvernance a des répercutions sociales. Le printemp arabe est né de là.

    Pour l’instant, c’est le tout début, on ne sait pas comment cela va tourner au Mali. On ne sait pas non plus comment cela va être traité par les médias, comment cela va être reçu par le public Malien et la Diaspora.

    En tout cas, ça a l’air parti pour durer et provoquer des changements. Mais peut-être pas ceux que certains attendent. Un angle a été retenu par tous, c’est l’importance des réseaux sociaux dans la montée en puissance de ce mouvement de contestation.

    Quelle est l’exacte portée de facebook et de Twitter, qui ne sont que des instruments ?

    pour moi, l’essentiel, ce sont les personnes qui sont derrière les claviers et les écrans. Ce sont eux qui décident de descendre dans la rue ou pas.

    Cela ne semble pas avoir été compris par tous, c’était frappant quand on entendait les journalistes de l’ORTM parler avec émerveillement de la marche de l’opposition, occultant allègrement l’essentiel de la révendication.

    Je suis donc très curieux de la suite, de ce qui va se passer réellement, mais aussi de la manière dont cela va être vu à l’Etranger. Il y aura sans doute de belles analyses rétrospectives.

    Cette contestation populaire va t elle continuer ?

    C’est la grosse question, car ce qui nous intéresse, c’est ce qu’elle soit citoyenne.

    Un mouvement de jeunes est en gestation sur facebook, ça s’agite aussi sur la page facebook de maliactu

    Comme beaucoup de Maliens,, je ne suis ni de l’opposition ni de la Majorité Présidentielle, mais avant tout du côté de l’intérêt général.

    Il me semble qu’aujourd’hui celui-ci court un si grand danger que prendre la parole pour le défendre est devenu un devoir.

    Attribuer ces manifestations à des mouvements organisés, à une stratégie concrète ou a des personnes spécifiques est une vieille interprétation, typique de ceux qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Une fois la mèche allumée, il est très difficile de l’éteindre.

    Avec de plus  en plus d’opportunistes au Mali, ce n’est pas encore mûr.
    Mais ça viendra.. le jour où on arrivera pas à payer nos factures.

    Cependant, tend que les Maliens n’ont pas repris confiance dans l’avenir,  nous ne sommes pas à l’abri de troubles.

    Séga DIARRAH