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Le journaliste Salif Sanogo a été nommé directement patron de l’ORTM (audiovisuel public) en conseil des ministres, et non plus par appel à candidature.

Immédiatement, Le choeur auquel doit se joindre tout démocrate qui se respecte a entonné l’air de l’atteinte à la liberté de l’ORTM.

Cependant les temps ont un peu changé depuis. Sous Sidiki N’Fa Konaté, l’information ne passait que par la presse écrite et par l’audiovisuel public. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, où l’offre est surabondante et très diverse et de ce fait incontrôlable par le pouvoir politique. Salif Sanogo serait bien en peine d’arriver à contrôler la diffusion et la teneur de l’information comme Sidiki Konaté pouvait le faire.

Deuxième remarque, vous croyez que le Directeur Général de l’ORTM  est en mesure de contrôler tout ce qui se passe dans sa maison, qu’il est en mesure de dicter aux journalistes ce qu’ils doivent dire ou ne pas dire ? Pensez-vous que l’on pourrait aujourd’hui lancer une chasse aux sorcières comme on en a connue par le passé, avec des charrettes et des têtes qui tombent pour raisons politiques ? Je n’y crois pas une seule seconde !

Ce n’est pas parce qu’il a été nommé directement en conseil des ministres sans appel à candidature que Salif Sanogo, aura, rien que de ce fait, plus de pouvoirs !

 

Autre erreur, croire que le système actuel de nomination par appel à candidature instauré par l’ancien premier ministre Omar Tatam Ly garantit l’indépendance du Directeur de l’ORTM.

D’abord, c’est se leurrer sur l’indépendance de la commission de sélection des dossiers.

Ensuite, cette procédure ne porte que sur le choix de la personne, au moment de sa nomination. Mais ensuite, qui garantit effectivement que le Directeur Général de l’ORTM pourra exercer sa mission en toute indépendance ? Personne, car c’est l’Etat qui est l’actionnaire, qui place plus ou moins directement qui il veut au conseil d’administration.

Et surtout, qui fournit l’argent ? Devinez… C’est le gouvernement.

Cette décision de IBK permet de mettre fin à une hypocrisie, où le chef de l’Etat choisissait, sans avoir à assumer puisqu’officiellement, la décision était prise par d’autres !

Une preuve de  transparence au Mali car celui qui prend réellement la décision l’assume.

Cependant  cette mesure prendra encore plus de relief si dans le projet de réforme constitutionnelle en cours d’élaboration, On prévoyait d’appeler une commission parlementaire à émettre un avis sur cette nomination, et pourra, à la majorité des trois cinquièmes, mettre un veto à ce choix.

Ce n’est sans doute pas parfait, mais c’est une amélioration notable que je propose ici.

 

Séga DIARRAH

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