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Oui, la grande question à 1 million de FCFA, c’est de garder ou non Soumeylou Boubeye Maiga.

C’est même la décision majeure du moment. Il y a des arguments pour le garder, d’autres pour le changer.

Dans la presse Bamakoise, les journalistes ne se concentrent que sur un aspect, celui de la relation personnelle entre le président de la république et son premier ministre.

D’autres paramètres sont bien plus essentiels.

Le premier est celui de la complémentarité, en terme de position politique, d’image, de qualités pour diriger l’appareil d’Etat.

Le couple IBK  SBM n’est pas si mal. Politiquement, il n’y a pas une marge énorme, les deux étant issus de l’ancienne ADEMA.

 

Un premier ministre issu de la société civile, avec une image plus combatif ferait mieux.

 

Par contre, la complémentarité de tempérament est excellente. Entre l’excité  Soumeylou Boubeye Maiga et le calme Ibrahim Boubacar Keita, il y a un gouffre et ils se complètent très bien, avec un partage des rôles qui fonctionne pas trop mal.

 

A IBK les choix stratégiques, les dossiers sensibles, à SBM le fonctionnement de la machine gouvernementale et l’intendance. Leurs tempéraments respectifs correspondent assez bien à leurs tâches.

Deuxième élément, le poids personnel du premier Ministre. Si le président choisit de mettre à la primature un ectoplasme politique, il sait qu’il ne devra compter que sur ses propres ressources, et que s’il faiblit, il ne faut pas attendre que le premier ministre puisse prendre un relais, comme le font les cyclistes dans une échappée.

Même si Soumeylou Boubeye Maiga ne déborde pas de charisme et n’est pas un chef de courant, il a quand même une aura.

Sans être un symbole, il a une image de “rigoureux” qui ne déplaît pas. Enfin, il est très apprécié des militaires, auprès desquels il a une véritable autorité. Il est peut-être le seul à pouvoir, s’il en a envie, désamorcer une révolte dans les casernes. En ce moment, c’est une compétence dont IBK pourrait avoir besoin.

Troisième élément, le moment du mandat. On est dans la phase montante du deuxième mandat.

Les principales réformes doivent être lancées. il reste encore la révision constitutionnelle. Il faut lancer les grands chantiers, même si  on n’aura pas le temps d’en recueillir les fruits.

Le travail du nouveau gouvernement ne sera pas seulement de gérer les affaires courantes, de mener à terme les chantiers lancés depuis 2013, de manière à pouvoir présenter un bilan en 2023.

Changer d’équipe maintenant, mettre en place des personnalités qui ne connaissent pas forcément les dossiers, qui auraient envie de lancer leurs propres chantiers, c’est la  meilleure chose.

IL faut une stabilité du nouveau gouvernement pour s’assurer que les réformes ne seront pas brisées net et qu’il n’y aura pas d’initiatives intempestives.

Même si IBK ne peut plus blairer Boubeye Maiga, il peut être dans son intérêt de le conserver à la Primature.

Que le premier Ministre tienne tout le mandat, c’est dans la logique du quinquennat.

 

Séga DIARRAH

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