diarrah.com

Sans doute était-ce dû à la fraicheur de la nuit, mais je viens de faire un rêve terrifiant.

J’ai rêvé que cela faisait cent jours que Soumaila Cissé avait été réélu et  avait prêté serment devant la cour constitutionnelle du Mali le 4 septembre 2018.

C’était effrayant de réalisme. Juste après sa très courte victoire du second tour, trois ou quatre décimales au-dessus de 50%, il avait déclaré qu’il changerait de style et que la corruption au Mali, c’était terminé.

 

Soumaila Cissé réélu pensait que son challenger malheureux Ibrahim Boubacar Keita n’avait finalement pas tort, qu’une révision de la constitution était sans doute le meilleur moyen de faire passer les réformes indispensables, forcément indispensables, pour le retour de la paix et la sécurité au Nord et au centre du Mali.

Par ce blabla, les cent jours de Soumaila Cissé allaient d’ailleurs bien prouver que nous avions à faire à une politique de continuité, libérale certes, vivant dans le culte délirant des équilibres budgétaires mais jamais une rupture.

 

Pour commencer, Soumaila Cissé  avait commencé par aller voir le Président Macron et exigé qu’il y ait un nouveau round dans les négociations pour le retour de la paix au nord  afin de prendre en compte les populations locales non belligérantes.

Dans mon rêve, il l’avait obtenu, enfin au moins formellement. En fait, seule une manière d’état de grâce et une presse toujours aimable avec les vainqueurs, avaient réussi à faire croire à une réorientation du processus de paix en faveur de Bamako mais le talon de fer CMA régnait toujours en maitre sur Kidal et ce n’était pas la petite visite à Macron que Soumaila Cissé  s’était accordée pour faire le rebelle qui avait changé grand chose au problème.

Sur le plan du volontarisme social, c’était évidemment pas la même chose. La grève de la faim des cheminots et  l’assassinat des Peuls par des chasseurs dans le centre du Mali avaient vu Soumaila Cissé dans ses manies du « tout-terrain » et affirmer fièrement devant une foule  houleuse à Mopti qu’il promettait un  « dialogue national inclusif » pour la paix dans le centre et le paiement immédiat des arriérés de salaires des cheminots.

L’expression avait beaucoup fait sourire et Soumeylou Boubeye Maiga.

Dans la foulée, le ministre des finances, Younoussi Touré, ancien Directeur Général de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), annonça qu’il était impossible d’augmenter le salaire des magistrats, histoire de ne pas « déstabiliser l’équilibre budgétaire ».

Et qu’en plus, il fallait trouver 300 milliards pour boucler le budget de 2018, alors que ce n’était pas le moment de venir lui demander de faire du social.

Une tribune dans Mali Actu de Soumeylou Bebeye Maiga avait justement fait de lui la risée de la classe politique et de tous les média confondus ou presque.

S’appuyant sur le très faible score de Soumaila Cissé, il demandait sans trop d’espoir que l’on repense les questions de sécurité au centre et au Nord du Mali. L’ “accord pour la paix de 2015” ayant échoué, pourquoi ne pas repenser la solution militaire ? Les milices pro-gouvernementales étaient-elles vraiment indispensables ? Les menaces et sanctions de l’ONU étaient-elles vraiment dissuasives ? Enfin bref, quelque chose qui suintait le bisounoursisme, l’angélisme, la culture de l’excuse et la bêtise.

« Vous imaginez, s’était exclamé Tiébilé Dramé du PARENA, que ce Monsieur un peu démagogue  aurait pu être premier ministre encore longtemps  si monsieur Ibrahim Boubacar Kéita avait été réélu ? »

Il avait fait beaucoup rire les internautes.

 

C’est alors que je me suis réveillé.

J’avais le cœur qui battait à tout rompre et j’ai mis quelques secondes interminables à me rendre compte qu’il s’agissait d’un rêve.

Rien de tout ça n’était réel.

Et je me suis rendormi.

Séga DIARRAH

https://diarrah.org

Please follow and like us:

Vous pouvez aussi lire...

Mali : La présidentielle de la dernière chance ?