Englué dans une contestation sans issue, Soumaila Cissé a décidé de maintenir sa position et de continuer la contestation après l’investiture du Président IBK.

 

Pour cela, il a choisi une stratégie suicidaire pour son camp politique, celui de la dénonciation d’un complot de l’administration et de la cour constitutionnelle.

Ce choix tactique, celui de l’homme qui se noie, brasse beaucoup d’eau, et s’accroche à la moindre planche, est désastreux pour l’opposition Malienne.

 

Jamais, dans son histoire, l’opposition Malienne  n’a sorti des arguments et une rhétorique qui s’apparente à celle  du camp de Soumaila Cissé.

Cela révèle une radicalisation, sur le fond et la forme.

La voracité avec laquelle l’opposition cristallise les débats sur l’élection présidentielle confirme cette orientation.

Des irrégularités ont certes été constatées pendant l’élection présidentielle mais en politique, il faut savoir prendre des coups et pouvoir rebondir.

 

La principale thèse des opposants  en est l’existence d’une “machine à fraude” du premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga, qui aurait  tout téléguidé, y compris les décisions de la cour constitutionnelle. 

Soumeylou Boubeye Maiga. Un poncif des mythes politiques et complotistes.

 

Il est surprenant que le Président d’un micro parti (ASMA), qui s’est planté dans à peu près toutes ses manœuvres tactiques depuis cinq ans, au point d’être contraint à se retirer du ministère de la défense, ait réussi un tel coup. Encore plus étonnant, personne n’en a eu vent avant l’élection. 

Cette campagne, relayée par les réseaux sociaux, radicalise la base électorale de l’opposition.

Leur angoisse est à la hauteur des espérances qu’ils avaient, il y a encore quelques mois : cette élection était imperdable pour  l’opposition, Soumaila Cissé allait l’emporter haut la main.

 

Le 16 Aout au matin, lorsqu’ils constatent que leur champion a été éliminé, ils sont devenus hystériques, et leur colère mettra  encore longtemps à retomber. Leur premier réflexe a été de contester la légitimité des urnes, et de refuser de reconnaitre le vainqueur comme légitime.

 

Cette hystérie fait, ou va faire partir les éléments les plus modérés de l’opposition.

 Une scission à l’opposition est possible.

Dans une telle configuration, le risque est grand d’avoir un parti URD qui ne se lance pas dans la bataille des législatives  et qui vire dans le populisme et l’opposition frontale.

Une pente encore plus accentuée avec cette affaire de “non reconnaissance du Président ” qui radicalise la base militante et la déporte vers les activistes.  

 

Si on ajoute à cela, les dégâts que ne manquera pas de causer la guerre de succession qui va s’ouvrir après une éventuelle retraite politique de Soumaila Cissé, on se rend compte que la fracture à L’opposition risque de s’accentuer au point de devenir difficile à recoudre.

 

Alors que je pensais, il y a quelques mois, que le Parti au pouvoir risquait l’éclatement, en fait, c’est maintenant le cas aussi à l’opposition, ce qui est assez inédit.

 

Ce désastre de l’opposition Malienne  vient avant tout d’une erreur d’analyse, qui s’est traduite par une erreur de casting.

 

La clé de cette élection présidentielle  Malienne était une volonté profonde de changement de la part des électeurs, avec un rejet très fort de la classe politique issue du mouvement démocratique.

 

Les Maliens en veulent profondément à leur classe politique pour leurs échecs de fond :depuis 1991, le Bilan  des démocrates  a été un échec, sur le plan économique et social.

 

La colère porte aussi sur la forme, sur l’attitude des élus, complètement coupés de leurs électeurs.

 

Je ne suis pas certain que les responsables de l’opposition aient complètement compris cela.

 

En tout cas, ils ne sont absolument pas en mesure d’y répondre.

 

Séga DIARRAH

http://diarrah.com

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