La semaine qui vient de s’écouler a été fertile en évènements franchement inquiétants.

Après l’attaque de deux camps militaires qui a fait moins au 35 morts et plus de  60 portés disparus, c’est maintenant les coopératives de producteurs de cotons qui haussent le ton.

Je ne vais pas pleurer sur les responsables des organisations paysannes que je soupçonne de complicité avec leur leader incarcéré dans une affaire de détournement d’argent, ils ont de la marge avant d’être dans la misère.

Mais je dois reconnaitre que leurs opérations ont été rondement menées et efficaces. Une belle démonstration de force, qui indique clairement que l’ensemble de ces secteurs sont mobilisés, organisés, et attendent le gouvernement de pied ferme.

Pour l’instant, le pouvoir en place n’a pas trop reculé ouvertement, mais on peut penser après  le classement sans suite du dossier “de l’achat de l’avion présidentiel et des armements”  que la grande lutte contre la corruption au Mali est  une montagne qui accouchera d’une souris.

Ensuite, ce sont les familles des soldats  qui sont entrées dans la danse. Et là, on rigole beaucoup moins.

Dès le début, elles brûlent des pneus et bloquent les accès au camp para de Djicoroni .

Normalement, une telle action, c’est exceptionnel et après un long moment de mobilisation. Cela ne se fait d’entrée de jeu. Il semble que ce mouvement soit plus ou moins spontané.

Si la base dépasse les cadres d’entrée de jeu, c’est inquiétant. Là encore, le president Keita  a annoncé une réaction en réponse à la tragédie de Mondoro, dont on attend de voir ce que cela va donner.

Si c’est pour “bluffer”  encore le peuple et les militaires comme ce fût le cas après Dioura, cela ne fera qu’envenimer le conflit. Cela laisse présager d’autres actions des familles des militaires, pas réputées pour leur tact.

 

Quand on écoute un peu les discours des différents segments de la population, on sent des gens à bout (à tort ou à raison, c’est un autre problème).

Il y a une tension palpable chez les maliens que l’on sent monter, une sorte de désespoir face à ses dirigeants.

L’opposition, qui apparaissait comme un recours avant 2018, s’est complètement cramée. Quoi qu’en disent certains, Cheick Modibo Diarra  n’est pas non plus une alternative. Il n’est pas en mesure de gouverner et cela se voit. Il ne s’intéresse pas à la vie de la nation.

On est avec un horizon politique bouché.

L’offre ne correspond désespérément pas à la demande. C’est de plus en plus criant et cela contribue à la tension et à l’énervement, surtout quand en plus, certains responsables se font prendre la main dans le pot de confiture, à voler, détourner le denier public.

Je suis inquiet. Très inquiet du décalage entre tout ce qui bouillonne actuellement et le déficit d’attractivité, de radicalité, de stratégie de rupture, qui est celui de notre gouvernement.

Quant à la crise politique et l’échec prévisible du dialogue politique, pourquoi persister dans l’erreur ?

Seul un gouvernement politiquement fort, avec un cap clair peut redresser la situation actuelle. Vu l’état de déliquescence du pouvoir en place, la question est de savoir  combien de temps il tiendra encore ?

 

Séga DIARRAH

Président BI-TON

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