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La chasse au tigre est ouverte. Soumeylou Boubeye Maiga, politiquement très affaibli auprès de l’opinion publique Malienne, est attaqué par le président du haut conseil islamique du Mali Mahamoud Dicko.

Les radios privées de Bamako, avec leurs complaisances habituelle pour les récits des petites querelles politiciennes, relayent ces combats avec délectation.

Ibrahim Boubacar Keita  va-t-il faire partir son Premier Ministre ?

Personne n’en sait rien, tellement le président de la République est imprévisible.

Il n’a sans doute pas encore tranché.

Toute cette agitation sur les choix de personnes est un peu vain, je ne vois pas tellement en quoi il peut être utile d’avoir, avant sa désignation officielle, le nom du nouveau Premier ministre, si tant est qu’il change.

Quel que soit le Premier Ministre, sa marge de manoeuvre sera inexistante. La contestation populaire impactera autant Soumeylou Boubeye Maiga qu’un autre, puisqu’en fait, c’est IBK qui est visé.

Le vice fondamental de ce nouveau quinquennat, à savoir l’incapacité du président de la République à trancher en temps utiles, ne va pas disparaitre.

Or, c’est ce qui a sapé en partie l’autorité (déjà pas bien fabuleuse) de Soumeylou Boubeye Maiga.

Son successeur aura les mêmes soucis d’autorité et de coordination défaillante de l’action gouvernementale.

Les meilleures années du mandat sont passées. Le nouveau Premier ministre ne lancera pas grand chose de nouveau, entre ce qui est déjà lancé, et ce qui est sur les rails. Si c’est pour gérer le projet de révision constitutionnelle, et porter la chapeau de autonomisation du nord du pays.

Devenir Premier ministre maintenant, quand on est jeune et qu’on a de l’ambition, ce n’est pas un bon plan. La sagesse serait de laisser Soumeylou Boubeye Maiga en place, car c’est la logique du quinquennat.

Grillé pour grillé, autant qu’il fasse le sale boulot. Ce n’est pas son départ qui arrangera la cote de popularité de IBK.

Il y aura peut-être un petit mieux passager, du fait de la nouveauté, du changement de têtes, mais bien vite, le pouvoir en place retombera dans ses ornières structurelles.

Pour moi, l’essentiel est là. On s’en fout de savoir qui sera Premier Ministre, ça ne changera rien à la situation de la majorité des Maliens et du Mali.

 

Séga DIARRAH

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