diarrah.com

Au Mali la question des régions et de leur nombre  suscite des débats à tous les niveaux.

 Michel Debré, l’artisan de la 5ième république Française écrivait dans son livre qui le rendit célèbre (La mort de l’Etat républicain 1947) que tout le problème d’un découpage administratif réside dans son efficacité, laquelle dépend très directement de l’étendue des collectivités territoriales.

A l’époque l’assemblée constituante avait découpé la France en 83 départements en fonction du temps nécessaire pour se rendre à cheval d’un chef lieu de la circonscription à un autre.  Méfiant à l’égard d’un nombre élevé de régions, Debré  préconisait un redécoupage en 47 grands départements tout en réduisant le nombre des régions. 

Si la nécessité de création de nouvelles régions et cercles par l’ancien président Malien Amadou Toumani Touré (ATT) à l’occasion du 46ème anniversaire de l’accession du Mali à l’indépendance avait pour objectif de mieux “rapprocher l’administration des administrés” et corriger certains dysfonctionnements dont la nécessité est difficilement contestable, on notera que dans le contexte actuel, des régions nombreuses présentent tellement de risques qu’il est important de se poser la question sur l’urgence de cette reforme.

 

En effet,  Michel Debré évoquait en 1947 la possibilité d’une montée des autonomismes, voire de tendances séparatistes avec un nombre élevé de régions: dans l’hypothèse où seraient créées des régions significatives et où renaîtraient par conséquent « les petits parlements de Bretagne, Languedoc ou d’Alsace, la grande qualité de la France, son unité indiscutée, risque(rait) d’être atteinte sans retour ».

 

Si elle instituait des collectivités suffisamment vastes et puissantes, la régionalisation pourrait selon lui entraîner le glissement progressif vers une fédéralisation – alors que le risque serait nul avec des départements mêmes élargis, et faible avec des régions de petite taille. 

 

Dans la pratique, il serait plus efficace de créer de nouveaux cercles afin de “rapprocher l’administration des administrés”.

 

Cependant, si Michel Debré éprouve alors une telle crainte, c’est au vu de la situation politique générale de la France de l’époque à savoir celle d’un État républicain moribond, exténué par une instabilité politique, et par conséquent incapable d’empêcher d’éventuelles dérives. En revanche, il reconnait que le problème ne se poserait plus «  à l’intérieur d’une constitution présidentielle » – ni a fortiori, d’une « monarchie républicaine », comme celle qu’il contribuera à établir quelques années plus tard, avec la constitution de la Ve république Française.

La question qu’on doit se poser est de savoir si le Mali d’aujourd’hui est menacé et vie une instabilité politique ou est plutôt une monarchie républicaine ?  

Et en définitive, Debré conseille de renforcer la décentralisation en augmentant  éventuellement le nombre de département (Cercles) et penses que   le seul véritable obstacle à une telle réforme est celui qu’il fustigeait déjà du temps de Vincent Auriol : c’est celui qui résulte de l’immobilisme, du « conservatisme » des élites locales, de la crainte « de déranger un certain nombre d’habitudes ou d’intérêts » particuliers. Et le cas échéant, de la timidité d’un pouvoir qui n’ose pas imposer ses propres projets, même lorsqu’ils sont manifestement conformes au bien commun.

En réalité  le redécoupage administratif proposé par ATT n’était pas une innovation. Il s’agit juste d’ériger des cercles en région c’est à dire  déshabiller Fousseyni pour habiller Lassana.

 

Aucun rapport avec une véritable décentralisation qui vise un développement harmonieux du territoire. Les regroupements, parce qu’ils sont uniquement administratifs ,(communes ,cercles…) créeront de nouvelles féodalités .

 

Le fédéralisme n’est pas possible au Mali car Il est contraire à notre histoire , notre culture, nos mentalités…

La nation Malienne s’est construite sur toujours plus de centralisation que nous avions hérité de la colonisation.
Revenir en arrière comme à la période des empires, c’est diviser les Maliens.

 

Séga Diarrah

http://diarrah.com

Please follow and like us:

Vous pouvez aussi lire...

L’accord de Paix au Mali est t-il synonyme d’autonomie ?
Mali : Réviser la Constitution, pour quoi faire?