• IBK doit présenter un gouvernement d’union nationale

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    La démission « au forceps » de Soumeylou  Boubeye Maiga au poste de prémier ministre du gouvernement marque un tournant indubitable.

    Depuis six ans, les premiers ministres Maliens échouent les uns après les autres, après avoir fait la paix et la réconciliation leur priorité.

     

    Très en colère, les Maliens ont décidé de renverser la table.

    Commençons par relater les faits. Les plus grands partis de gouvernement sont coresponsables de la situation calamiteuse du pays.

    L’hémorragie a débuté il y a plus de vingt. Des Maliens  ne supportaient plus des dirigeants incapables de créer des emplois publics et lutter contre la corruption.

    Il faut dire que la crise que nous traversons trouve son origine dans le système politique Malien. Ce n’est pas un hasard si les deux tiers des Maliens, selon les sondages, considèrent que leur pays n’est pas un modèle de démocratie.

    Cette situation ne doit pas échapper à Ibrahim Boubacar Keita qui annonce une révision de la constitution, voire une révolution démocratique. Au-delà des mesures de salut public qui s’imposent, il est impératif de traiter les maux à la racine. Il est en effet temps de respecter les principes de portée universelle.

    Or cette question relevant de la compétence exclusive des citoyens, c’est bien à un président de la République qu’ils doivent s’adresser. Le moment s’impose d’autant que nous n’étions pas encore capables il y a vingt ans de donner une définition rationnelle de ce concept de démocratie.

    Nous disposons aujourd’hui des instruments de mesure indispensables pour pouvoir remettre à plat le système politique.

     

    Une fois que les mesures d’urgence auront pu remmener la paix et la cohésion sociale entre les populations,  libérer le marché du travail et favoriser l’emploi, il faudra d’abord réviser en profondeur la constitution de 1992 à l’origine de des dysfonctionnements administratives  depuis des décennies: la décentralisation. Pour ce faire, il suffirait de respecter les principes supérieurs de droit qui caractérisent un régime démocratique.

     

    Si un gouvernement d’union nationale se met en place, tous les espoirs seront permis.  Les opposants seront malvenus de défiler en hordes dans les rues pour faire obstacle à la volonté exprimée par la majorité des Maliens.

     

    Un modèle d’Etat conforme à la règle de droit pourra alors se mettre en place. Au terme de bien des péripéties, le Mali achèverait le processus de paix et de réconciliation nationale et sa mutation démocratique.

     

    Séga DIARRAH

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  • Le chemin de fer Bamako- Kayes pour un développement durable des villages (note de 13 pages)

    Pour moi, le lien étroit entre les transports et les territoires et leur organisation à toutes les échelles spatiales existe, puisque les transports influencent la localisation des activités (agricoles, industrielles, touristiques et de services), en fonction de la distance temps et de la distance coût.

    Dans ces conditions, les voies ferrées permettant des vitesses rapides aux alentours de 120 à 160 km/h, au lieu des vitesses moyennes au Mali que j’ai observé (20 à 50 km/h), pourront faciliter les trafics des trains de marchandises et de voyageurs, et contribuer à vivifier la vie socio-économique, du local au global, puisque tout est lié et doit être en adéquation.

    Par conséquent, la vitesse des trains réduira d’autant la concurrence avec la route. Routes pour lesquelles le  gouvernement Malien n’est pas en mesure d’assurer l’entretien, compte tenu du nombre très important de kilomètres (630km entre Bamako et Kidira).

     

    La concurrence entre le rail et la route ou bien le choix de la route a longtemps été présenté par les différents gouvernements Maliens comme la panacée pour favoriser des tarifs bas de transport.

     

    Cependant, elle a fait émerger des problèmes quant à l’aménagement du territoire et à la vie socio-économique notamment des ruraux de la région de Kayes.

     

    Si le développement suppose connexions, réseaux et flux de toute nature, un aménagement raisonné du territoire est nécessaire
    pour diminuer la complexité, et pour réduire les coûts de cet aménagement.

     

    Le chemin de fer se pose comme un élément incontournable, puisque les externalités dues à la route augmentent le coût de l’aménagement du territoire ainsi que les prix à la consommation. La représentation dominante du bien fait de la concurrence
    rail-route est un leurre, si l’on ne prend pas en compte les effets induits, qui se traduisent au final par l’exclusion de population par augmentation des coûts. Même si parfois dans un premier temps, la route parait moins cher, le service n’est pas identique. Plus encore, compte tenu des perspectives de pénurie énergétique, de changement climatique et des coûts futurs du transport, ceux-ci sont insoutenables par les populations.

    D’après mes analyses, la prise en compte du coût des externalités dues à la route Bamako-Kidira devrait permettre de contribuer à un report du trafic de la route sur le rail, celui-ci favorisera une dynamique socio-économique qui devrait contribuer à la baisse de la misère.

     

    TELECHARGER – la note sur – Le chemin de fer Bamako- Kayes pour un développement durable des villages

     

     

    Bloc Patriotique

  • Découpage administratif au Mali : déshabiller Fousseyni pour habiller Lassana

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    Au Mali la question des régions et de leur nombre  suscite des débats à tous les niveaux.

     Michel Debré, l’artisan de la 5ième république Française écrivait dans son livre qui le rendit célèbre (La mort de l’Etat républicain 1947) que tout le problème d’un découpage administratif réside dans son efficacité, laquelle dépend très directement de l’étendue des collectivités territoriales.

    A l’époque l’assemblée constituante avait découpé la France en 83 départements en fonction du temps nécessaire pour se rendre à cheval d’un chef lieu de la circonscription à un autre.  Méfiant à l’égard d’un nombre élevé de régions, Debré  préconisait un redécoupage en 47 grands départements tout en réduisant le nombre des régions. 

    Si la nécessité de création de nouvelles régions et cercles par l’ancien président Malien Amadou Toumani Touré (ATT) à l’occasion du 46ème anniversaire de l’accession du Mali à l’indépendance avait pour objectif de mieux « rapprocher l’administration des administrés » et corriger certains dysfonctionnements dont la nécessité est difficilement contestable, on notera que dans le contexte actuel, des régions nombreuses présentent tellement de risques qu’il est important de se poser la question sur l’urgence de cette reforme.

     

    En effet,  Michel Debré évoquait en 1947 la possibilité d’une montée des autonomismes, voire de tendances séparatistes avec un nombre élevé de régions: dans l’hypothèse où seraient créées des régions significatives et où renaîtraient par conséquent « les petits parlements de Bretagne, Languedoc ou d’Alsace, la grande qualité de la France, son unité indiscutée, risque(rait) d’être atteinte sans retour ».

     

    Si elle instituait des collectivités suffisamment vastes et puissantes, la régionalisation pourrait selon lui entraîner le glissement progressif vers une fédéralisation – alors que le risque serait nul avec des départements mêmes élargis, et faible avec des régions de petite taille. 

     

    Dans la pratique, il serait plus efficace de créer de nouveaux cercles afin de « rapprocher l’administration des administrés ».

     

    Cependant, si Michel Debré éprouve alors une telle crainte, c’est au vu de la situation politique générale de la France de l’époque à savoir celle d’un État républicain moribond, exténué par une instabilité politique, et par conséquent incapable d’empêcher d’éventuelles dérives. En revanche, il reconnait que le problème ne se poserait plus «  à l’intérieur d’une constitution présidentielle » – ni a fortiori, d’une « monarchie républicaine », comme celle qu’il contribuera à établir quelques années plus tard, avec la constitution de la Ve république Française.

    La question qu’on doit se poser est de savoir si le Mali d’aujourd’hui est menacé et vie une instabilité politique ou est plutôt une monarchie républicaine ?  

    Et en définitive, Debré conseille de renforcer la décentralisation en augmentant  éventuellement le nombre de département (Cercles) et penses que   le seul véritable obstacle à une telle réforme est celui qu’il fustigeait déjà du temps de Vincent Auriol : c’est celui qui résulte de l’immobilisme, du « conservatisme » des élites locales, de la crainte « de déranger un certain nombre d’habitudes ou d’intérêts » particuliers. Et le cas échéant, de la timidité d’un pouvoir qui n’ose pas imposer ses propres projets, même lorsqu’ils sont manifestement conformes au bien commun.

    En réalité  le redécoupage administratif proposé par ATT n’était pas une innovation. Il s’agit juste d’ériger des cercles en région c’est à dire  déshabiller Fousseyni pour habiller Lassana.

     

    Aucun rapport avec une véritable décentralisation qui vise un développement harmonieux du territoire. Les regroupements, parce qu’ils sont uniquement administratifs ,(communes ,cercles…) créeront de nouvelles féodalités .

     

    Le fédéralisme n’est pas possible au Mali car Il est contraire à notre histoire , notre culture, nos mentalités…

    La nation Malienne s’est construite sur toujours plus de centralisation que nous avions hérité de la colonisation.
    Revenir en arrière comme à la période des empires, c’est diviser les Maliens.

     

    Séga Diarrah

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  • Consultations citoyennes sur le redécoupage administratif au Mali : Un renforcement de la participation citoyenne à l’élaboration de la loi

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    Le nouveau gouvernement du Mali semble vouloir renforcer la participation des citoyens à l’élaboration de la nouvelle loi sur le découpage administratif en organisant des consultations régionales en  début du mois de novembre.

     

     Le sujet du redécoupage territorial  monte depuis quelques années.  Des travaux de réflexion ont déjà été menés dans l’assemblée Nationale du Mali sur le sujet.

    On commence donc à avoir des idées claires sur ce qu’il faut faire, ce qui marche et ne marche pas.

     

    c’est dans ce contexte que sur proposition du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le gouvernement envisage d’organiser en début novembre des conférences régionales pour prendre l’avis des populations maliennes. Et c’est sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation que le Conseil des ministres a pris acte de la tenue desdites rencontres  sur les avant-projets de texte relatifs à la réorganisation du territoire. Elles regrouperont les représentants de l’Etat, des associations et organisations de la société civile, des partis politiques, des collectivités territoriales, des chefferies traditionnelles, des chefs religieux et des représentants des mouvements signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation dans les régions, précise le communiqué du Conseil des ministres tenu le mercredi 24 octobre 2018.

     

    Cependant la participation citoyenne ne doit pas se faire n’importe comment, et ne peut pas être la même à tous les stades. Il faut en particulier qu’elle s’articule avec la démocratie représentative, qu’elle intervienne là où les citoyens ont réellement une valeur ajoutée à apporter, et qu’elle soit organisée.

     

    Il existe plusieurs étapes dans l’élaboration de la loi et des politiques publiques. Il y a la décision politique, celle qui arrête les grandes orientations. Elle relève des choix politiques, donc des élus, qui ont été désignés pour cela.

    Ils peuvent organiser, à cette occasion, des débats. Cela peut se faire à plusieurs niveaux, sur ORTM, mais aussi des rencontres de terrain, quand le sujet n’intéresse qu’une frange restreinte de personnes.

     

    L’idée n’est pas de pondre un texte, mais d’arrêter les directions et les limites du projet. 

     

    La deuxième phase est celle de l’écriture concrète du texte. On entre dans les détails, et on peut rajouter des mesures qui ne sont pas annoncées initialement, mais qui sont cohérentes avec le projet de découpage administratif.

    Au cours de cette phase, qui commence dans le ministère de l’administration territoriale pour se poursuivre à l’assemblée Nationale, les citoyens commencent un tout petit peu à être associés.

     

    Je constate que la consultation régionale proposée par AG Erlaf s’inscrit dans cette phase.

    Les citoyens doivent également pouvoir  intervenir en s’organisant collectivement, pour participer aux auditions et consultations officielles, menées par le ministre et les rapporteurs des textes.

     

    L’action collective a toujours été plus efficace, car elle permet d’avoir les moyens. Il faut que davantage d’acteurs de la société civile s’emparent de cet outil pour faire avancer les causes qu’ils défendent, et intervenir dans des temps et des lieux où cela est utile.

     

    Travailler sur des textes législatifs et pouvoir « tenir la route » lors d’une audition demandent des compétences qui sont souvent hors de portée de la grande majorité des citoyens Maliens, malgré leur bonne volonté.

     

    Il faut être capable de s’insérer dans le processus tel qu’il existe, si on veut peser. Croire qu’on peut changer le processus de redécoupage administratif est illusoire à court terme, et demande des efforts énormes, et notamment arriver à convaincre une majorité qu’il faut révolutionner la fabrique de la loi, dans un sens bien précis.

     

    La troisième phase, trop souvent oubliée, est celle de l’évaluation.

     

    Une fois la loi votée et appliquée, les nouvelles régions créées,  il faut voir ce qui a marché, ou pas, et en tirer les leçons. C’est souvent à ce stade que se forgent les diagnostics qui vont inspirer la loi suivante. C’est à ce stade que les citoyens peuvent être très utiles, car l’application de la loi, ils la vivent, et peuvent apporter des témoignages concrets de ce qui va bien, ou pas.

     

    Une bonne évaluation de la loi sur le découpage administratif ne peut se faire qu’avec des données de terrain. Plus les sources sont diversifiées, plus l’évaluation sera pertinente, et donc utile.

     

    La quatrième phase est celle de l’évaluation, par les citoyens, du travail de leurs élus. On est sur un terrain quasi vierge, car les journalistes Maliens, dont cela devrait être le rôle, préfèrent raconter les belles histoires et les petites querelles mesquines de la vie politique, plutôt que d’analyser les enjeux de fond.

     

    Cette consultation sur le redécoupage administratif est une avancée qui à aussi les limites à savoir le manque d’organisation de la société civile Malienne.

     

    Cette consultation sera t elle démocratique ? car c‘est le gouvernement  qui fixe les modalités, et surtout, le moment. En clair, les citoyens se feront mener en bateau, car quand on daigne ouvrir une consultation, ce n’est pas nécessairement sur les choses les plus importantes, et au moment le plus pertinent pour que son résultat soit pris en compte.

     

    Séga DIARRAH

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